Conférence sur l'UNICEF
21/01/20

           

L’UNICEF

Conférence de M.Thierry Saudejaud, le 21 janvier 2020 


1. HISTORIQUE

L’UNICEF – Fonds des Nations Unies pour l’Enfance – est né le 11 décembre 1946, au lendemain de la seconde guerre mondiale, pour venir en aide aux populations, plus particulièrement aux enfants et aux adolescents, qui étaient les victimes ou les laissés pour compte du terrible conflit qui venait de dévaster une partie du monde.

Cela a d’abord été un fond d’urgence dont le premier programme a été « Des vivres pour l’Europe ». Prévu pour une durée de vie limitée dans le temps, son mandat a été prolongé pour 3 ans en 1950 et c’est dans ce cadre qu’ont été élaborés les premiers programmes à long terme dans les domaines de l’alimentation, de la santé et de l’éducation.

Dès lors qu’il ne pouvait s’occuper de tous les enfants, et que tous ne sont pas malheureux, les pays d’intervention ont été identifiés sur la base de trois critères :

- Le taux de mortalité des moins de cinq ans,

- La taille de la population des moins de cinq ans,

- Le produit national brut.

Cette règle prévaut toujours même si le monde a bougé terriblement et que les situations appelant une aide humanitaire ont dépassé les frontières, comme en témoigne la crise des réfugiés et des migrants.

SAUVER, PROTÉGER, ÉDUQUER, tels sont les trois verbes d’action qui caractérisent son action même si aujourd’hui, ces trois verbes ont disparu de son logo pour laisser place à la mention « UNICEF POUR CHAQUE ENFANT », cela pour bien affirmer que chaque enfant qu’aucun ne doit être délaissé.

2. L’ACTION À L’INTERNATIONAL

L’UNICEF est présent dans plus de 190 pays et territoires à travers ses bureaux de terrain et ses comités nationaux tel l’UNICEF France. Son action à l’international est de deux types :

Le soutien aux actions de développement pour assister les gouvernements dans les domaines de la santé, de l’éducation et de la protection, à travers des programmes à moyen ou long terme destinés aux enfants et aux mères.

L’intervention dans les situations d’urgence pour répondre aux besoins vitaux des enfants et des mères dans des contextes de crises humanitaires avec cette force que procure son appartenance aux Nations Unies et la réactivité qu’il a à partir de son entrepôt de Copenhague et de ses trois plateformes d’urgence de Dubaï, Colon et Shanghai.

Le conseil et l’assistance aux gouvernements sont un aspect méconnu de son action alors que ce rôle est important voire capital. Il faut certes intervenir au plus près des populations comme cela est fait sur le terrain, en lien étroit avec d’autres organisations ou structures locales, mais pour inscrire les choses dans la durée, il faut aussi intervenir auprès des gouvernements, les informer avec des études et des éléments statistiques, les assister ou les accompagner pour faire évoluer leurs politiques de l’enfance, de la famille, sociale ou de l’éducation.

Les situations d’urgence, quant à elles, sont nombreuses qui prennent fond sur les catastrophes naturelles, les effets dévastateurs du réchauffement climatique et la multiplication des conflits armés.

 Elles ont tendance à prendre le pas sur les actions de développement tant les besoins financiers sont importants dans un budget qui n’est pas extensible, les recettes étant issues des contributions volontaires des Etats, de l’apport de fondations et de grandes organisations, et de la générosité publique.

Cinq cent trente-cinq millions d’enfants vivent dans des pays en situation d’urgence humanitaire soit un sur quatre. Et ces crises humanitaires mettent en péril leur vie et leur avenir plus qu’à toute autre époque de notre histoire.

Jamais les enfants n’ont eu à subir autant de violences. Dans les pays en proie aux conflits armés, les écoles sont occupées et souvent bombardées, les enlèvements de masse sont légion, les enfants sont enrôlés comme enfants soldats, esclaves domestiques ou sexuels ou bien encore pour des attentats suicides.  Sur les routes migratoires qu’ils empruntent, souvent livrés à eux-mêmes, ils sont exposés à toute forme d’atrocités et constituent des proies faciles pour les réseaux criminels.

L’UNICEF se bat, au quotidien et à tous les niveaux, pour améliorer leur sort face auquel nul ne peut en conscience rester contemplatif.

3. LES DOMAINES D’ACTION 

Ils sont au nombre de sept :

● La santé avec notamment la vaccination, l’accès aux soins, le suivi des mamans avant et après l’accouchement, la lutte contre le paludisme.COPYRIGHT UNICEF

 ● La lutte contre le VIH / SIDA avec une attention portée à la prévention de la transmission de la mère à l’enfant.

● La nutrition avec la lutte contre la malnutrition aigüe, cause de mortalité, et la malnutrition chronique, cause de retard de croissance et cognitif.

● L’eau, l’assainissement et l’hygiène tant le non-accès à de l’eau salubre favorise le développement de maladies diarrhéiques souvent mortelles pour les enfants.

● La protection contre toutes les formes de violences et d’exploitation qu’il s’agisse de maltraitance domestique ou autre, du travail forcé, de l’exploitation sexuelle, des enfants enrôlés dans les conflits armés, des mariages précoces ou bien encore des mutilations génitales féminines. 

L’éducation avec une attention particulière portée aux filles pour qu’elles soient traitées et considérées à égalité des garçons mais aussi parce que toutes les études ont prouvé qu’une fille éduquée éduquera son enfant.

COPYRIGHT UNICEF

● L’inclusion sociale, c’est-à-dire la lutte contre l’exclusion sociale et les inégalités, la pauvreté, la discrimination telle celle de genre ou en raison d’un handicap, la stigmatisation communautaire mais aussi la démobilisation et la réintégration des enfants soldats.  

Le tout en cohérence avec les 17 objectifs du développement durable qui visent d’ici 2030 à éradiquer la pauvreté, protéger la planète et garantir la prospérité pour tous en ne laissant personne de côté.

La politique de l’UNICEF et son action prennent fond sur la convention internationale des droits de l’enfant adoptée à l’unanimité par l’assemblée générale des Nations Unies le 20 novembre 1989, mais aussi sur le principe de l’équité qui vise à apporter le plus aux enfants qui en ont le moins.

4. LA CONVENTION INTERNATIONALE DES DROITS DE L’ENFANT 

Il s‘agit là d’un texte novateur qui pour la première fois de l’Histoire reconnaît explicitement les moins de 18 ans comme des êtres à part entière porteurs de droits sociaux, économiques, civils, culturels et politiques, ces droits étant fondamentaux et non négociables.

Sa portée n’est pas uniquement symbolique car il est juridiquement contraignant, les Etats- parties devant rendre compte tous les cinq ans au Comité des droits de l’enfant des Nations Unies de la mise en œuvre de la convention.

Cette convention comporte un préambule qui rappelle les grands principes de la Charte des Nations Unies et cinquante-quatre articles qui énoncent des droits de l’enfant dans différents domaines et précisent les dispositions d’application par les pays ratificateurs.

Elle repose sur quatre principes directeurs :

- la non-discrimination des enfants,

- l’intérêt supérieur de l’enfant,

- la vie, la survie et le développement, à travers l’affirmation que tout enfant a le droit de vivre, de survivre et de se développer physiquement, mentalement, spirituellement et moralement, psychologiquement et socialement dans toute la mesure de ses potentialités,

- le respect des opinions de l’enfant.

Trois protocoles additionnels sont venus la compléter :

Deux en mai 2000, le premier sur l’implication d’enfants dans les conflits armés, le second sur la vente d’enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants.

Le troisième  en décembre 2011 qui permet à tout enfant de déposer une plainte en violation de ses droits, directement auprès du Comité des droits de l’Enfant des Nations Unies, dès lors que tous les recours ont été épuisés au niveau national.

5. L’UNICEF FRANCE 

L’UNICEF France est une association loi 1901 qui a été accréditée par l’UNICEF International pour le représenter et agir en son nom. Il est organisé en 25 comités territoriaux qui couvrent chacun de 2 à 7 départements, et compte près de 6 000 bénévoles profondément engagés.

► Sa mission est triple :

    - Sensibiliser les institutionnels, les acteurs économiques, la société civile, les jeunes et les moins jeunes aux situations de détresse que connaissent les enfants du monde et aux besoins qui en découlent.

    - Collecter des fonds pour aider à la réalisation des programmes de terrain ou d’urgence, ce à travers la traditionnelle vente de cartes de vœux et de produits solidaires, l’événementiel, les partenariats économiques, culturels et associatifs, les legs et les libéralités.

    - Défendre les droits de l’Enfant en France et dans le monde et tout le temps.

► Trois activités ou dispositifs sont en prise directe sur le réseau des bénévoles :

    - Les programmes d’actions éducatives et d’engagement des jeunes qui ont permis, en 2019, de sensibiliser plus de 125 000 enfants et jeunes et de mobiliser 2 000 jeunes ambassadeurs et étudiants campus qui se sont engagés pour promouvoir auprès de leurs pairs, mais pas seulement, les valeurs, les couleurs et les missions de l’UNICEF, et bien sûr, agir.

  - Le réseau des collectivités amies des enfants compte aujourd’hui 231 villes dont 16 intercommunalités qui mènent en direction des enfants et des jeunes des politiques qui font référence et ont valeur d’exemple.

  -  Le dispositif « Entreprises amies de l’UNICEF » offre aux entreprises la possibilité de contribuer à la réalisation d’un programme donné, de terrain ou d’urgence.

Le comité territorial Rhône Loire Ain est particulièrement actif. Il couvre tout le champ des missions dévolues aux comités territoriaux et fait référence au plan national.  

Thierry SAUDEJAUD

Secrétaire général UNICEF France