Conférencier : M. Dominique LE GUELLEC, professeur des Universités honoraire
C’est devant un auditoire d’une trentaine de personnes que cette conférence s’est tenue salle Lorenti du Lycée Ampère.

Pour nous soigner nous faisons appel à deux types de médecines :
Ces médecines complémentaires sont très nombreuses et comptent plus de 400 disciplines telles que l’acupuncture, la phytothérapie, la réflexologie, la sophrologie, l’hypnose…
Pour juger de l’efficacité de ces médecines on doit se baser sur des preuves. Il ne faut jamais se fier à un produit ou à un protocole qui n’a pas fait l’objet d’essais cliniques et qui n’a pas donné lieu à des publications. Les tests scientifiques sont le meilleur moyen d’établir une vérité médicale et d’éliminer toute procédure inefficace basée sur la tradition, le dogme, la mode, le marketing ou l’anecdote.
Ainsi la saignée que l’on a pratiquée depuis l’époque de la Grèce antique jusqu’au 18ème siècle a seulement fait l’objet d’essais cliniques en 1809. Ceux-ci ont montré qu’elle provoquait d’avantage la mort des patients que leur guérison mais ces résultats n’ont pas été publiés et on a continué à la pratiquer. Aujourd’hui la saignée est seulement utilisée pour certaines pathologies.
De nos jours, les résultats des essais cliniques qui ont donné lieu à publication sont disponibles sur PubMed (https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed).
Puis est abordé le cas de l’acupuncture. Celle-ci qui date sans doute de plus de 2000 ans avant notre ère a été diversement pratiquée. En 1990, on comptait 88 000 acupuncteurs et 20 millions de patients soignés. Parmi les théories qui peuvent expliquer son efficacité contre la douleur on trouve celle de l’effet placebo (je plairai). Il est le résultat de la force de notre esprit qui permet à une substance ou à un protocole qui n’a aucune action pharmacologique propre d’avoir un effet positif remarquable. Il a été démontré dans de nombreux champs d’application (douleur, insomnie, allergies, anxiété, maladie de Parkinson…). De nombreux stimulateurs semblent l’influencer tels que la couleur du médicament, son mode d’administration, son coût… Il dépend de la croyance et des expériences du patient, d’où l’existence d’une grande variabilité dans les résultats et la nécessité d’effectuer des essais cliniques en double aveugle.
Le cas de la phytothérapie, et notamment l’utilisation du millepertuis, nous est présenté. Utilisé par les guérisseurs depuis 2000 ans pour soigner différentes pathologies (sciatique, arthrose, diarrhée…), il est un des produits le plus vendu en phytothérapie. Il présente cependant des effets secondaires car il contient des composés chimiques qui peuvent interférer avec plus de la moitié des médicaments prescrits. Ce sont les effets nocebo (je nuirai). Le côté le plus dangereux des remèdes utilisés en phytothérapie (ou tout autre protocole proposé par les médecines alternatives) est de remplacer un traitement conventionnel efficace.
On peut faire également appel aux méthodes de guérison par la pensée comme la méditation de pleine conscience qui peut, en améliorant la gestion des émotions, modifier les circuits de réponse à la douleur ou aux techniques de neurofeedback telles que l’électroencéphalographie ou l’IRM fonctionnelle en temps réel qui agissent directement sur le cerveau.
En conclusion le développement de la médecine, qu’elle soit conventionnelle ou complémentaire nécessite un équilibre entre deux attitudes contradictoires : le scepticisme et l’ouverture d’esprit.
Jean-Marie Pallier