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(14/04/22)

"André-Marie Ampère, cet illustre lyonnais"
(20/01/22)

Conférence "Le ciel à l'œil nu"
(01/12/21)

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Mot du Président de la section
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Vœux 2021
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Mot du Président de la section
(29/09/20)

Assemblée Générale 2020 de la Section
(22/09/20)

Mot du Président de la section
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Mot du Président de la section
(01/04/20)

Remise du prix Imagin'action 2019
(12/02/20)

Visite de l'usine Renault de Vénissieux
(04/02/20)

Cérémonie de remise des médailles aux chevaliers nommés en 2019
(29/01/20)

Conférence sur l'UNICEF
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Vœux du nouvel an 2020
(16/01/20)

Les oiseaux de nos jardins, une biodiversité menacée
(09/12/19)

Le cinéma à Lyon
(19/11/19)

Sortie automnale
(08/10/19)

Voyage en Aveyron du 8 au 13 septembre 2019
(13/09/19)

Voyage en Pologne du 16 au 22 juin 2019
(22/06/19)

Cérémonie de remise des prix départementaux 2019
(29/05/19)

Trévoux, capitale des princes de Dombes
(16/05/19)

A la pagode Thien Minh
(04/05/19)

Visite de la Cité de l'environnement à Saint Priest
(11/04/19)

Assemblée Générale 2019 de la Section
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Visite de la maison du Docteur Dugoujon à Caluire
(12/02/19)

La police scientifique
(08/02/19)

Cérémonie de remise des médailles aux chevaliers nommés en 2018
(23/01/19)

Vœux du nouvel an 2019
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"André-Marie Ampère, cet illustre lyonnais"
20/01/22

COMPTE RENDU DE LA CONFÉRENCE de THIERRY SAUDEJAUD

 JEUDI 20 JANVIER 2022

ANDRÉ-MARIE AMPÈRE, CET ILLUSTRE LYONNAIS

André-Marie Ampère naît à Lyon le 20 janvier 1775, dans la paroisse Saint-Nizier, mais c’est à Poleymieux-au-Mont-d’Or qu’il passe la majeure partie de son enfance et sa jeunesse. Il ne fréquente pas l’école et se forme au gré de ses envies et des intérêts que son père, fin lettré et adepte de Jean-Jacques Rousseau, sait susciter et développer en lui. Dès sa maîtrise de la lecture acquise, il puise sans retenue dans la riche bibliothèque familiale et dévore ainsi les vingt volumes de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, des pièces de théâtre, des livres d’histoire ou bien encore de poésie.

La lecture d’un livre de mathématiques est pour lui une véritable révélation qui le fait pendant un temps se consacrer presque exclusivement à cette science. Ses dispositions intellectuelles sont telles qu’à l’âge de 13 ans, il présente à l’Académie des sciences, belles lettres et arts de Lyon, un mémoire sur la rectification d’un arc de cercle plus petit que la demi-circonférence.

Alors qu’il coule des jours heureux, deux drames viennent l’affecter profondément : le décès de sa sœur ainée Antoinette à l’âge de vingt ans puis l’exécution de son père Jean-Jacques en novembre 1793, au lendemain de la terrible répression qui suivit le siège de Lyon, pour avoir lancé, en sa qualité de président du Tribunal des affaires correctionnelles, « le mandat d’arrêt contre Joseph Chalier ».

Il sombre alors pendant de longs mois dans un état de prostration intellectuelle avant de reprendre goût à la vie et de s’ouvrir à nouveau à tout, à la littérature, aux langues anciennes, aux sciences ou bien encore à la botanique. Sa rencontre avec Julie Carron dont il tombe éperdument amoureux ajoute à sa renaissance. Il l’épouse début août 1799.

André-Marie Ampère vit alors à Lyon de cours privés de physique, de chimie et de mathématiques. Il approfondit ses connaissances scientifiques et présente divers mémoires et communications à l’Athénée de Lyon qui l’admettra parmi les siens en 1802. La réputation qu’il acquiert lui ouvre les portes de l’enseignement public, en février 1802 d’abord, comme professeur de physique à l’Ecole centrale de Bourg, puis en avril 1803, comme professeur de mathématiques au lycée de Lyon nouvellement créé.

A son retour à Lyon, il est le témoin impuissant de l’agonie de sa bien-aimée qui meurt le 13 juillet 1803. Ce décès le fait renouer avec la foi chrétienne et il participe à la création de la Société chrétienne de Lyon dont il devient le président.

Nommé répétiteur d’analyse à l’Ecole polytechnique à Paris le 19 octobre 1804, il part s’installer à Paris. Une vie nouvelle commence qui le voit investir avec enthousiasme toutes les sciences et cumuler de nombreuses fonctions : professeur d’analyse puis professeur d’analyse et de mécanique à l’Ecole polytechnique, inspecteur général de l’université impériale en 1808, académicien des sciences en 1814, professeur de physique expérimentale au Collège de France en 1824. Elle ne sera hélas pas sans écueil avec un second mariage raté, deux idylles sans lendemain à son grand désespoir, la préoccupation constante de sa situation financière et le souci de l’avenir de ses enfants : Jean-Jacques né de son premier mariage avec Julie Carron, et Albine, née du second avec Jenny Potot.

Sa fonction d’inspecteur général l’amène à parcourir les provinces en diligence pour visiter les lycées et rendre compte, en particulier, des conditions d’accueil et d’hébergement des élèves, de la qualité de l’enseignement dispensé, et des mœurs et de la réputation des personnels. La tâche est lourde qui le fait s’absenter de longs mois de chez lui. 

Sa curiosité pour l’ensemble des connaissances humaines est insatiable et ses recherches concernent aussi bien les mathématiques que la chimie, la physique ou bien encore la philosophie.

La métaphysique, pour laquelle il se prend de passion pendant ses premières années parisiennes, l’éloigne des mathématiques sans pour autant qu’il les abandonne tant sa carrière leur doit. Elle est pour lui la science la plus intéressante car il y voit le moyen d’accéder à la Vérité alors que les autres sciences n’apportent que des vérités.

Les mémoires qu’il consacre aux mathématiques sont nombreux qui traitent de mathématiques pures tels ceux sur l’intégration des équations aux différentielles partielles, ou se rapportent à la physique ou à la chimie tels que la démonstration de la loi de Mariotte ou bien encore la démonstration d’un théorème d’où l’on peut déduire toutes les lois de la réfraction ordinaire ou extraordinaire.

Les recherches conduites par le savant anglais Davy le font renouer avec la chimie et il découvre à son tour deux corps simples : le chlore et le fluor. Il s’intéresse ensuite aux travaux de Gay Lussac sur la combinaison des substances gazeuses entre elle, les rapproche des enseignements de Bernoulli et de la loi de Mariotte, et rédige alors un mémoire sur la Démonstration de la relation découverte par Mariotte entre les volumes de gaz et les pressions qu’ils supportent à une même température qui est lu à l’Institut le 28 janvier 1814. Il établit aussi, comme le savant italien Avogadro quelque temps avant lui, qu’il y a toujours le même nombre de molécules dans des volumes égaux de gaz parfaits différents pris dans les mêmes conditions de température et de pression (loi Avogadro-Ampère).

En physique, ses travaux dans le domaine de l’électrodynamique vont lui apporter la gloire. Ils trouvent leur origine dans la présentation par Arago à l’Académie des sciences, le 4 puis le 11 septembre 1820, des expériences faites par le physicien danois Oersted « relativement à l’influence réciproque du galvanisme et du magnétisme ». Cette présentation enflamme son esprit à un moment où il connaît une période d’abattement, et il s’empresse d’approfondir passionnément ce qu’il considère comme un phénomène extraordinaire.

La période qui suit est intense pendant laquelle il conçoit des expériences, construit des instruments pour étudier les conditions multiples dans lesquelles les actions mutuelles des courants peuvent être observées, élabore une théorie montrant qu’il y a identité entre l’électricité et le magnétisme, et formule des lois qu’il traduit en langage mathématique. Il introduit les concepts de tension électrique et de courant électrique, met en évidence l’action mutuelle de deux courants électriques et énonce la règle qui prendra le nom de Bonhomme Ampère.

En octobre 1820, il tire d’une expérience suggérée par Laplace le premier projet d’un télégraphe électrique. En novembre de la même année, une expérience conduite cette fois avec Arago donne naissance à l’électro-aimant.

Ses idées ne font pas consensus en France et au-delà car elles bousculent ce qui est communément admis. Elles finissent cependant par triompher.

L’ouvrage intitulé Théorie des phénomènes électrodynamiques uniquement déduits de l’expérience et publié en 1826 rassemble ses expériences et concepts.

André-Marie Ampère s’intéresse aussi aux travaux d’Augustin Fresnel qui a été son élève à l’Ecole polytechnique. Leur collaboration fructueuse ouvrira la voie à la théorie de Maxwell qui conclut en 1864 que la lumière est une onde électromagnétique.

 

Sa classification des sciences est la grande œuvre de la fin de sa vie. Considérant que toutes les vérités que l’homme peut comprendre se rapportent aux deux objets principaux que sont le monde matériel et la pensée, il entreprend alors de les classer selon deux « règnes » regroupant respectivement les sciences relatives à tous les êtres matériels dont l’univers est composé et celles qui se rapportent à l’étude de la pensée et des sociétés humaines. Il distingue ensuite pour chaque règne deux « sous-règnes » qui s’ouvrent chacun sur deux embranchements de sciences. La poursuite de cette dichotomie lui permet alors de définir trente-deux sciences du premier ordre, soixante-quatre sciences du deuxième ordre et cent vingt-huit sciences du troisième ordre telles que la géométrie analytique, la cinématique, l’astronomie ou bien encore la théologie naturelle.

Au printemps 1836, alors qu’il est épuisé et malade, il accepte une nouvelle mission d’inspection des lycées du Sud de la France qui le conduit au collège royal de Marseille. Très mal en point et souffrant affreusement de la poitrine, il expire le 10 juin 1836 au matin ou plutôt, pour reprendre la belle expression de Buffon, « il achève de mourir plutôt qu’il ne finit de vivre ».

Il est inhumé au cimetière de Marseille dans une relative indifférence, sa famille n’ayant pu être prévenue à temps.

Ses restes sont transférés en 1869 au cimetière Montmartre à Paris où il repose aux côtés de son fils Jean-Jacques décédé en 1864.

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Depuis le premier Congrès international des électriciens à Paris en 1881, le nom d’Ampère désigne l’unité d’intensité électrique, l’une des sept unités fondamentales du système international d’unités.

Le lycée de Lyon prendra le nom de lycée Ampère le 3 novembre 1888.

 

 

 

Thierry Saudejaud